Au sortir de l’Assemblée générale de l’ONU, VERITE Magazine rend compte de la courageuse prise de position de notre République, sous la plume d’Henri Folamour- Bochard, notre expert international.
Faisant fi de l’air du temps et du polémiquement correct, l’ONU, par la voix puissante du Conseil de Sécurité où étaient exceptionnellement réunis les leaders des peuples majeurs de notre très bleue planète, a adopté une motion condamnant la guerre atomique et la prolifération nucléaire au cours d’une séance solennelle au palais des Festivals à New York. Disons-le tout de suite aux beaux esprits qui s’offusqueront d’une pareille déclaration: il est plus facile de s’indigner au Café de Flore avant d’aller faire un cours en Sorbonne que de plaider à l’ONU après une garden-party à Central Park. Rendons ainsi d’emblée hommage au courage politique et au sens du sacrifice qui a dû présider à une décision par essence aussi impopulaire. L’enjeu de cette assemblée générale, comme l’a rappelé notre Président Nicolas Sarkozy à son rival malheureux par la grandeur, le parvenu Obama, était de contribuer à une nécessaire révolution des pratiques militaires quotidiennes, car notre maison brûle, tandis que les doctrinaires, semeurs de clivages et de dissensions, regardent ailleurs : “Je voudrais vous le dire, M. Obama, car je ne suis pas venu ici pour profiter de la lumière et du chauffage: l’avenir de la bombe atomique est en danger, et contre cela, une nouvelle nucléarisation, une nucléarisation durable est nécessaire. Voilà ce que je voulais vous dire”, a déclaré notre Président devant un Obama manifestement ému de tant de franchise. Objectif impossible, diront les benêts, les conservateurs. Mais objectif ô combien digne d’un Mouvement Révolutionnaire dont la devise demeure: rendre nécessaire ce qui n’est pas possible. La bombe durable revêt à cet égard une valeur symbolique, c’est un combat fondateur de la politique de civilisation de notre Prince-Président Nicolas Sarkozy.
“Guerre à la guerre!”, disait le patriote Marcel Jaurès. “Terrorisons les terroristes”, disait Charles Pasqua, notre Saint-Jean-Baptiste de l’anisette. En vertu de ce principe généreux, le PPNS a plaidé pour une fermeté toute paternelle face aux infantilismes du régime belliciste iranien. “La bombe qui tombera s’il le faut sur l’Iran sera une bombe juste, une bombe pour la paix”, nous confie Bernard Kouchner. Le combat contre la prolifération nucléaire, en tant que combat, implique des combats: seuls les plus extrémistes veulent la fin de la bombe, qui signifierait le retour à l’âge des cavernes, comme l’a bien rappelé le fin géopolitologue Claude Allègre.
Pour un alterpacifisme
“Le Parti Révolutionnaire Institutionnel défend comme toujours une position de bon sens: une autre bombe est nécessaire, donc une autre bombe est possible.” C’est avec ces mots que le porte-parole du Mouvement Mobile a salué la naissance d’une nouvelle doctrine dont le renom restera attaché à l’initiative présidentielle : l’alterpacifisme. L’alterpacifisme est un combat de tous les jours, mais il finira par s’imposer car il s’appuie sur le bon sens, que seules les délétères idéologies du XXe siècle ont pu faire oublier à quelques-uns – or l’idéologie porte en elle la guerre comme la nausée porte l’orage, a dit Jean-Paul Attali. Le bon sens, c’est la paix. L’alterpacifisme repose sur des considérations géopolitiques et civilisationnelles poussées, mais surtout sur un sens profond de notre responsabilité de pays des Droits de l’Homme; il incombe en effet aux pays entrés dans l’Histoire d’édicter les lois sur le monopole de la violence légitime: la leur. Les nations éclairées, mues par le seul souci du triomphe de la civilisation, doivent empêcher -pour le bien de tous- les pays ne satisfaisant pas aux critères culturels garantissant leur maturité politique de se doter d’une arme que ne sauraient utiliser sans dangers ces peuples encore dans la fraîcheur de l’enfance, nonobstant la tendresse que ne peuvent manquer de nous inspirer leurs manières un peu brutales et qui respirent encore l’innocence. Il est de notre devoir moral de nations adultes d’aider ces peuples jeunes à atteindre dans la paix l’âge de raison. Sans vouloir faire ici l’apologie des châtiments corporels, reconnaissons qu’une bonne correction vaut bien des conseils pédagogiques, et que l’épanouissement d’un enfant en homme ne peut se faire sans discipline. La bombe est à l’économie d’un pays ce que la main paternelle est à la fesse rebondie d’un enfant turbulent: ce moyen affectueux, ferme et juste de remettre dans le droit chemin une jeune âme dont la naïveté touchante devra bientôt laisser place à la responsabilité de l’homme mûr. La bombe est un repère moral.
La civilisation de la bombe
Mais la bombe est aussi un symbole de cette révolution rationnelle que nous désirons tous et dont le tout-à-l’égout du Cap Nègre péniblement arraché par notre régénérateur au conservatisme des petits propriétaires condamnés par la marche de l’Histoire sera l’achèvement. La maîtrise de la technologie, d’une part, mais surtout la détention des secrets de la matière, de cette texture fondamentale du monde dont rêvait le Faust de Racine, font de la bombe l’expression délicate de cette force prométhéenne sans qui la liberté humaine ne serait qu’un mot vide. Mais à l’heure du renouveau de l’écologie, nous autres vrais révolutionnaires connaissons les limites de cet oubli de l’ordre premier et naturel des choses dans lequel se complaissent les marxistes, de Bayrou à Besancenot. C’est le progrès moral lié à la bombe qui nous est cher, on l’aura compris. La pratique de la dissuasion, cet art de la continence stratégique si difficile à acquérir et qui justifie précisément que seule l’avant-garde des peuples détienne ce foudre qui fait de l’Homme l’égal des Dieux, cette pratique dont l’alterpacifisme est la théorie, représente l’ascension de l’Homme vers la rationalité et vers une maîtrise mille fois plus précieuse que celle de la nature: la maîtrise de soi. N’oublions jamais cette leçon que nous enseigne la bombe: Science sans conscience n’est que ruine de l’Homme, aurait dit Soeur Emmanuelle.
Oh certes, cet exposé est bien froid, bien trop “rationnel”, justement, pour être exhaustif. L’élégance aérodynamique du missile pénétrant la stratosphère est là pour nous rappeler que ce lancer est d’abord un acte d’amour et que c’est là le sens de la bombe, ce sens que nos justifications n’ont fait qu’approcher: la bombe est d’abord un geste de don à autrui – le père aime son fils comme la France aime le peuple iranien. La tragédie collatérale n’ôte rien à cela: souvenons-nous de ces mots de Giraudoux, “le maréchal qui trahit me dit foi, le duc qui assassine me dit tendresse. C’est une entreprise d’amour, la cruauté.”
Lutter contre la dissémination pour sauver la bombe
Alors disons-le: la bombe est un supplément d’âme pour une humanité en manque de repères. C’est pourquoi un monde nucléarisé est un cauchemar dont il nous faut sortir, car il entraîne un nivellement des valeurs par le bas – si tous les pays sont assez civilisés pour avoir la bombe, si tous les pays se valent, disons-nous, alors c’est que tout se vaut et que rien ne vaut plus rien, sans compter les périls qu’il y a à laisser cette arme des Lumières entre les mains d’enfants que la Raison n’éclaire pas encore. Tant que l’Afrique et les pays enfants ne se décideront pas à entrer dans l’Histoire, nous rappelle Henri Guaino, il est de notre devoir de veiller sur eux comme des pères et de garder le monopole de l’armement atomique, pour leur bien, pour le nôtre, pour celui de la civilisation. Nous devons donc lutter par tous les moyens pour affirmer notre primauté atomique. Ce nouvel usage de la bombe, cette dénucléarisation bien comprise du monde est un impératif moral pour que la civilisation perdure. C’est à ce nouvel âge de la bombe pacifique qu’il nous faut travailler. L’occident doit savoir user de la bombe à des fins pacifiques comme il l’a fait pour rappeler à la raison le peuple japonais et le mener à son état actuel de prospérité et d’épanouissement. Osons l’écrire avec Marguerite Yourcenar: Hiroshima est un nom d’amour. Ne le perdons pas.